août 2006
Rock en Seine 2006...
... Comme si vous y étiez allés ! (ou presque)
h_3_ill_806867_par892737

Le grand événement de la cuvée 2006 était bien évidemment l'unique date française de la tournée de Radiohead. Petite pointe de déception devant le fait que le concert était très formaté "festival", à savoir essentiellement constitué d'un enchaînement de leurs plus grands tubes, sans réelle prise de risque. Mais je ne cracherai pas dans la soupe, ce ne serait pas très honnête de ma part : Le spectacle avait malgré tout quelque chose de de magique, agrémenté de quelques (trop rares) inédites.
Voici la plus savoureuse : Videotape

|
A blog is born
IMG_4815_1
Tout beau tout neuf, le blog nouveau est arrivé !
Je vous l'accorde, il est encore un peu maigrichon mais il devrait s'étoffer dans les semaines à venir : quelques nouveaux albums et peut être un espace photo, tout dépendra de mon temps libre et surtout de ma motivation...






|
Forever Young
Sonic youth
Sonic Youth, Rather Ripped.

L'histoire commence dans les limbes d'un lendemain de garde… Encore à moitié endormi, je laisse mes grolles me traîner jusqu'au Virgin. Déambulant sans but dans les allées je tombe nez à nez avec le nouveau Sonic Youth. "Ô joie !" m'écriai-je (en moi-même… ) à l'idée d'embrumer un peu plus mon esprit dans un bon vieil orage de guitares saturées. Je décroche le casque… Une fois la première frustration passée (comme d'hab', seul un écouteur fonctionne) j'esquisse une moue de déception : pas de brouillard électrique, c'est un rock chaleureux qui me caresse les oreilles. Je fais demi-tour et m'en retourne chez moi en bougonnant… Le Rock est mort.
Je me repasse Sonic Nurse et Dirty pour me consoler. L'histoire pourrait s'arrêter là s'il n'y avait eu ce petit doute qui chatouille… Un groupe qui en 14 albums n'a jamais succombé au piège commercial, défriché un quart de siècle de musique rock, exploré ses contrées les plus expérimentales… Et cette pochette rouge sang qui ne peut pas être totalement innocente… Je décide de lui accorder une ultime chance et fonce l'acheter quelques jours plus tard.
Dès la deuxième écoute la magie opère à nouveau. Tout est là : Le Son inimitable plus vivant que jamais, la voix de Kim Gordon toujours aussi envoûtante, celle de Thurston Moore faussement innocente. Les guitares sont beaucoup moins tourmentées mais s'offrent tout de même quelques bonnes divagations bruitistes. Pas de doute, c'est inspiré, c'est inouï, c'est bel et bien du Sonic Youth !
Le groupe explique la genèse de l'album : "
On a enregistré ce disque le plus naturellement du monde. Attention, ce n'est pas un album d'easy-listening non plus. Nous sommes tellement impliqués dans une certaine communauté portée sur la musique expérimentale que cela tient du quotidien pour nous. Un travail pop nous semblait donc plus intéressant. Plus radical, en fait… Depuis le temps, les gens savent qu'on maîtrise la noise. Bon, cela dit, Rather Ripped est pop jusqu'à un certain point… En concert, c'est une autre histoire."
Et voilà comment le légendaire groupe punk de Manhattan signe son album le plus accessible, sans vendre son âme au diable. Je ne saurais que le conseiller à tous ceux qui veulent s'initier en douceur à ce groupe, mais aussi à tous les inconditionnels du rock en général.

En guise de mise en bouche :
Incinerate
|
Eraser/head
erasercover
Le prochain album de Radiohead ayant pris du retard, Thom Yorke fait l'école buissonnière et s'offre une petite virée en solo.
Assez étrangement, je ne me suis pas jeté dessus avec une grande avidité. D'une part parce que l'expérience du guitariste Jonny Greenwood en 2003 (Bodysong) m'avait un peu laissée sur ma faim, et d'autre part à cause des hors d'oeuvre synthétiques pas toujours très digestes sur les derniers albums du groupe. Autant dire que j'appréhendais un peu cette escapade dans le petit monde schizophrénique de Thom.
Les premières notes de l'album s'égrènent et me voilà vite mis en confiance : c'est par la voie des airs que nous mettons les pieds en terre électro.
The Eraser s'ouvre sur quelques notes de piano diaphanes, une rythmique légère, et la voix étrangement douce et apaisée de Thom. Les prochaines étapes ne s'avèreront pas si paisibles, mais pas infanchissables non plus. Les minutes sombres de The Clock ou Skip Divided sont entraînées par des rythmiques tendues, mais vicieusement séduisantes. A côté, la candeur de Black Swan et surtout Atoms for Peace est d'autant plus rafraîchissante. Le Cymbal Rush final est probablement le passage le plus difficile du disque. Impénétrable à première vue avec ses bips opaques et ses napes inquiétantes, il finit par révéler son sens avec chaque instrument qui s'ajoute au canevas.
A l'issue de quelques écoutes, j'ai bien peur de m'être laissé séduire par
The Eraser. Prévisible diront les mauvaises langues qui savent ma passion pour Radiohead. Pas tant que ça leur rétorquerai-je, cf. les a priori plus haut… Thom Yorke se dévoile sous un jour plus serein, et la brièveté de l'album (40 min) facilite l'intégration des passages plus difficiles. Ce Lp ne rivalise pas avec les meilleurs albums de Radiohead, mais se présente comme un aparté séduisant dans la discographie du groupe. Puisse-t-il en garantir aussi la pérénité (cf. Sonic Youth... à suivre !)
Des extraits et bien plus encore : Cliquer sur la pochette, ou encore ici.
Et pourquoi pas là pour commencer ?
The Eraser
|